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14 mai 2022 à 8h39 #13157
Marion CastéraModérateurBonjour chères consœurs,
Merci pour vos questions.
Concernant le nombre de mots à travailler par séance, il peut être variable. Cela dépend essentiellement de votre patient et de la sévérité de son atteinte (avec quelle facilité il parvient à accéder aux différents traits sémantiques). Au fur et à mesure des séances, le patient sera plus à l’aise avec la démarche et le processus de recherche sera souvent plus rapide. Finalement, cette réponse du nombre d’items sera apportée par le patient. Il se peut qu’en début de thérapie, seulement trois ou quatre mots soient travaillés en 45 minutes. Puis ce nombre peut augmenter progressivement. L’idée reste de travailler le concept « en profondeur », de prendre du temps et de faire du lien pour faire du sens.
L’objectif visé sera différent si l’on travaille des mots de catégories identiques ou différentes.
L’entraînement structuré, méthodique et répété de catégories sémantiques variées améliorerait la capacité à récupérer des mots à la fois dans les catégories travaillées et dans des catégories nouvelles (Boyle, 2004). Une série de travaux menés par Kiran et ses collègues (Kiran, 2008 ; Kiran & Johnson, 2008 ; Kiran et al., 2011 ; Kiran & Thompson, 2003) préconise de travailler avec des items non prototypiques de la catégorie pour une meilleure généralisation intra-catégorie (ex : autruche pour la catégorie oiseau). Selon eux, l’accès aux caractéristiques atypiques étendent l’activation sur une zone plus large au sein du réseau sémantique.
Quique et al. (2019) (méta-analyse) et Gravier et al., (2018) rapportent une amélioration plus importante de la dénomination des items non entraînés présentant un lien sémantique avec la cible que ceux n’entretenant pas de lien sémantique.
Là encore je dirais que cela dépend du patient : si l’atteinte est majeure, on privilégie des mots du quotidien mais pas forcément de la même catégorie. Si l’atteinte est plus modérée vous pouvez cibler sur une catégorie pendant la même séance, puis une autre etc. Le fait de travailler sur une même catégorie va permettre une activation plus forte des traits communs entre les items mais permettra également de pointer les traits distinctifs entre chaque concepts.
Enfin, sur le nombre de fois qu’il faut travailler le mot, plusieurs écoles écoles existent : soit on travaille le mot (ou le même set de mots) jusqu’à ce qu’il soit produit correctement et/ou que la majorité des traits sémantiques soient trouvés, soit on change à chaque séance et on les travaille à nouveau au moins une fois.
Il peut être tout à fait pertinent de revoir en début de séance les mots précédemment travaillés. Sans refaire toute la démarche SFA, il peut juste être proposé de voir l’image et de la dénommer avec aide (sans laisser le patient produire une éventuelle erreur). -
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